Peuple malgache issu des quatre coins de la Grande île !
Nous sommes actuellement en plein dans l’application de la feuille de route et nous en sommes à la seconde étape, qui est la mise en place du gouvernement d’union nationale. Selon ce qui a été convenu, ce gouvernement d’union nationale aurait du être mis en place vendredi dernier. Comme son nom l’indique, ce devrait être un gouvernement qui unit le pays tout entier, à travers les entités politiques signataires de la feuille de route. Et non pas un gouvernement facteur de division et de zizanie émanant des manigances de certains politiciens.
Il est de notoriété universelle que le peuple malgache tout entier souhaite vraiment que le pays sorte de cette crise le plus rapidement possible. Je m’adresse aux entités politiques : le destin de la nation est entre les mains des politiciens. Il est donc de leur devoir de trouver une solution pour sortir de cette crise qui a des impacts très néfastes sur la population malgache. L’article 6 de la feuille de route est clair comme de l’eau de roche au sujet de la mise en place du gouvernement d’union nationale. Et pour éviter de vivre les mêmes mésaventures qui se sont produites dans un passé récent, nulle part il n’est stipulé que les entités signataires peuvent choisir tel ou tel ministère ; que cette mise en place serait une bataille de chaise ou encore qu’il était permis de mettre à jour une certaine mentalité de dénigrement systématique et une démarche dictatoriale qui ne dit pas son nom.
Le Président de la Transition et le Premier ministre ont le droit et le pouvoir de nommer ceux qu’ils jugent honorablement aptes à diriger un ministère, selon une liste établie par chaque entité politique. Nous allons effectuer une répartition juste et équitable en respectant la feuille de route stricto sensu. Dans ce contexte, le souhait du peuple malgache est que cesse cette bataille de chaises et les Malgaches espèrent croire encore en la sagesse ancestrale des politiciens. Pour l'instant, les enfants en bas-âge écarquillent leurs yeux avec un regard fuyant ; les jeunes sont glacés de désespoir ; les adultes et parents vivent dans la crainte qu’aucun politicien ne donnera le bon exemple aux générations malgaches futures. La grande majorité des Malgaches de Madagascar est écœurée et se sent piégée face à l’inconscience et l’inconsistance des politiciens.
Or, la mise en place de ce gouvernement d’union nationale est le devoir et la responsabilité qui nous incombent à nous, Malgaches. Cependant, nous ne savons pas nous respecter mutuellement ; nous ne savons pas bâtir quelque chose de positif ensemble. Et ce sont des étrangers au pays qui viennent nous rappeler que notre peuple souffre depuis trop longtemps. Chacun devrait tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de faire des déclarations inconvenantes, car nous serons tous responsables devant le tribunal de l’Histoire. Avoir une mentalité d’individu retors et démontrer un esprit sans cesse batailleur n’est pas plus viable, pour un vrai développement, qu’être destructeur plutôt que bâtisseur.
Je m’oppose énergiquement à toutes ces menées subversives contraires à mon état d’esprit et ne correspondant pas du tout aux attitudes nobles et droites dont le pays a grand besoin. Les politiciens ont un devoir envers la nation. Aussi, que chacun reprenne conscience. Ici, je réitère l’appel que je n’ai eu cesse de répéter : c’est le patriotisme qui doit dicter la conduite de tous. Il n’est pas permis de laisser la nation aller à l’agonie en agissant de manière antipatriotique comme la prise en otage de 20 millions de Malgaches. Cela, nous ne le tolérerons jamais. Le devoir des politiciens et de leur chef de file est de démontrer de l’humilité pour arriver à un consensus qui constitue la pierre angulaire de l’identité culturelle malgache.
Mais je reste confiant du fait que chacun obéira à la voix de sa conscience et non pas à des sursauts d’orgueil mal placés. Car c’est l’avenir du peuple malgache qui doit être pris en considération et non pas l’avenir des entités politiques. Le destin de Madagascar est entre nos mains. Ne donnez pas le mauvais exemple dénué de toute honte à nos enfants, nos frères, sœurs, aînés, parents à travers la Grande île. Le monde entier nous regarde et nous juge.
Malgaches, mes amis de toute la Grande île !
Ne vivez pas dans la peur car nous sortirons de cette impasse passagère quoi qu’il arrive. Et pour cela, nous respecterons ce qui est stipulé noir sur blanc dans la feuille de route, à commencer par la mise en place du gouvernement d’union nationale dans le plus bref des délais.
Que la volonté de Dieu soit faite,
La Patrie est sacrée,
Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.
Andry RAJOELINA -Président de la Transition de Madagascar - TVM-RNM, le 19 novembre 2011
Traduction et transcription : Jeannot RAMAMBAZAFY