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21mars rajoelina2

Andry Rajoelina, le 21 mars 2009, au stade municipal de Mahamasina

DISCOURS INTEGRAL EN FRANCAIS

« Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

Mes premiers mots sont des mots de remerciements, c’est un grand plaisir pour moi d’exprimer ma profonde gratitude et mon infinie reconnaissance au peuple malagasy, pour le courage soutenu qu’il a manifesté pendant ces longues semaines de lutte et, parfois, de dures souffrances. Le peuple malgache a encore une fois marqué sa volonté de changement, cette volonté est inébranlable, indestructible. Je suis ici, devant vous aujourd’hui, conscient de l’ampleur de la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m’avez témoignée et conscient des sacrifices que vous avez consentis, pour que nous puissions ensemble atteindre nos objectifs. Nous sommes réunis aujourd’hui, car nous avons vaincu la peur, nous avons l’espoir et la volonté de travailler main dans la main pour donner une nouvelle chance à notre pays de marcher enfin un véritable développement. Nous proclamons aujourd’hui la fin de la dictature, de la gabegie dans la gestion des affaires d’Etat, des mensonges et des fausses promesses, des exclusions et de la pensée unique qui ont, pendant, longtemps étouffé notre vie politique. Nous avons parcouru ensemble un long chemin, qui n’a jamais été un parcours pour les craintifs, mais pour les hommes et les femmes déterminés à réaffirmer la grandeur de notre Nation, parce que nous sommes convaincus que cette grandeur n’est jamais donnée, elle se mérite. Et nous savons, chers compatriotes, que nous la méritons. Nous avons pris des risques, parce qu’il faut oser prendre des risques pour atteindre nos objectifs, et pour arriver au bout du chemin qui nous a mené vers la liberté. Je sais pertinemment que nous nous sommes battus, nous nous sommes sacrifiés, nous avons travaillé sans relâche pour mener une vie meilleure. Nous avons franchi une étape importante, mais le plus dur reste à faire, à partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, et reprendre la tâche de la refondation de Madagascar.

Honorables invités, chers concitoyens,

La principale mission que doit accomplir le pouvoir de transition est de réaliser, en vingt-quatre mois, au maximum l’élaboration d’une nouvelle Constitution, d’un Code électoral avec l’instauration du système de bulletin unique et la mise en place d’une commission électorale complètement indépendante, d’un statut de l’opposition, d’une nouvelle loi sur la communication et de fixer les échéances électorales. Ces nouvelles législations sont nécessaires pour répondre aux attentes du peuple qui aspirent à des changements permettant d’instaurer une véritable démocratie, un réel Etat de droit, une bonne gouvernance effective, un vrai respect des libertés publiques et des droits de l’homme, mais aussi une vraie réconciliation nationale. Le calendrier de l’exécution des travaux, l’élaboration des textes, de la tenue des différentes élections sera arrêté d’un commun accord, au cours d’une concertation nationale où seront représentées les différentes composantes de la nation concernées (acteurs politiques, société civile, organisations de promotion et de protection des droits de l’homme, secteur privé, syndicats et d’autres encore…). Je sais qu’il y a des gens qui s’interrogent sur l’ampleur de nos ambitions, et qui pensent que nous serons capables de faire face à trop de grands projets à la fois. Mais je me permets de leur rafraîchir la mémoire. Il ne faut pas oublier ce que des hommes et des femmes malgaches, assoiffés de liberté, ont déjà fait ; et ce que des hommes et des femmes désormais libres peut réaliser quand l’imagination sert un objectif commun et que le courage s’allie à la nécessité. Nous gèrerons les deniers publics avec sagesse, en pleine lumière et en toute transparence ; nous changerons les mauvaises habitudes. C’est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l’indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement. A tous les peuples et les gouvernants de nos pays amis et partenaires, bailleurs de fonds résidant à Madagascar ou ailleurs, qui nous regardent aujourd’hui : sachez que nous voulons le changement dans la façon de gérer notre pays avec une nouvelle vision, et que nous sommes déterminés à appliquer les principes et les règles de bonne gouvernance, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle afin qu’il y ait une alliance solide et durable avec tous nos partenaires. A ce titre, nous allons travailler inlassablement pour assainir les finances publiques par une politique rigoureuse d’austérité et le respect des règles de l’orthodoxie financière. Nous combattrons sans merci la gabegie et le gaspillage. Les soldes dégagés seront utilisés aux actions sociales et à l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et autres agents de l’Etat. La préoccupation primordiale du pouvoir de transition est le rétablissement de la sécurité afin que soit préservée la protection des biens et des personnes. Sur ce point, mes remerciements nourris vont aux forces de l’ordre qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour assurer la tranquillité publique. Nous ne transigerons pas à l’égard des fauteurs de trouble, des acteurs d’actes de vandalisme que nous ne pouvons, en aucun cas, tolérer. Le peuple malgache aspire à vivre enfin dans la paix. Aux habitants des zones rurales, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos cultures prospèrent, que l’élevage de vos bétails soit sécurisé, et qu’il n’y ait plus de paysans affamés et sans eau potable. Par ailleurs, je veux rassembler tous les Malgaches ; je veux que chacun comprenne qu’il a sa place dans un pays libre, juste et bien gouverné. Il nous faut changer, non pas par amour du changement, mais parce que les Malgaches attendent autre chose que des discours du passé, des solutions et des mots vides de sens. Travaillons ensemble sans arrière-pensée, ensemble, la réussite est à notre portée. Pour ce faire, nous sommes décidés à privilégier le dialogue et la concertation avec les acteurs politique et de la société civile, les opérateurs économiques et toutes les composantes de la Nation. Nous avons la volonté politique de jeter les bases d’une véritable réconciliation nationale, nous respecterons l’indépendance de la Justice mais nous demandons à chaque magistrat de respecter les règles de droit. Nous allons poursuivre la politique de lutte contre la corruption qui continue à gangréner notre société. Nous n’hésiterons pas à sanctionner tout acte de corruption, quel qu’en soit l’auteur et à n’importe quel niveau qu’il se trouve. Je ferai personnellement une déclaration de mon patrimoine car j’ai accepté cette charge, non pas pour m’enrichir mais pour servir. Nous voulons respecter la laïcité de l’Etat car nous sommes contre l’instrumentalisation de l’Eglise à des fins politiques. Le pouvoir de transition déploiera tous les efforts nécessaires pour lutter contre le coût de la vie, améliorer la qualité de vie des Malgaches et réduire la pauvreté. A vous les opérateurs économiques, nous vous promettons la libre concurrence. Plus de monopole économique, plus de favoritisme économique. A vous les investisseurs, nous nous engageons à assurer la protection de vos investissements, à assurer la protection de vos investissements, à créer un climat de confiance en instaurant un dialogue permanent. Pour atteindre tous les objectifs que nous nous sommes fixés, notre stratégie est simple : la diffusion progressive d’une culture des résultats. Nous avons la volonté d’améliorer la qualité du service public à moindre coût. Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec toute notre gratitude nos parents, nos fils et nos filles qui ont payé de leur vie pour que vienne enfin la liberté, notre liberté. Nous les honorons, non seulement parce qu’ils sont les gardiens de cette liberté, mais parce qu’ils incarnent l’esprit de sacrifice, leur disponibilité à mourir pour une cause qu’ils ont défendu, l’amour de leur patrie. Et à ce moment, c’est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.

Chers Ray aman-dreny, Chers frères et sœurs de Madagascar,

Chacun peut imaginer l’émotion profonde qui est la mienne au moment où je vais assumer la plus haute fonction de la République. Je mesure le poids de mes responsabilités à l’endroit de chacun d’entre vous. Quoi qu’un gouvernement puisse et doive faire, c’est en définitive de la foi et la détermination des Malgaches que ce pays dépend. C’est le courage d’un paysan prêt à obtenir une bonne récolte, la volonté d’un agent de l’Etat d’offrir un meilleur service à tous les contribuables, mais aussi la disponibilité d’un parent à nourrir son enfant, qui décide en définitive de notre destin. Je sais que la confiance que vous me témoignez me crée plus de devoirs que de droits. Je connais les difficultés des défis qui m’attendent. Notre force a été et sera d’être ensemble et de le rester. Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l’honnêteté, le courage, le respect des règles, la tolérance, la loyauté et le patriotisme, sont connues de tous. Nous devons, de nouveau, faire nôtres ces valeurs. Elles seront la force tranquille de notre progrès. Nous devons entamer une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Malgache, que nous avons des devoirs envers notre pays, des devoirs que nous n’acceptons pas à contre-cœur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu’il n’y a rien de plus satisfaisant pour l’esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile. C’est le prix, la promesse et le défi de la citoyenneté. Grâce à vous, je suis prêt à relever tous ces défis, à incarner vos espoirs, je suis prêt parce qu’au plus profond de moi-même, je sais que le peuple malgache ne redoute plus le changement mais qu’il l’attend. Je ferai tout pour mériter votre confiance et votre soutien ; et la source de notre confiance, c’est de savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain. De tout ce qui précède, et pour entamer le grand changement et la réconciliation nationale, j’ai décidé, ce jour, d’octroyer la grâce à tous les prisonniers politiques, incarcérés dans le pays comme ceux en exil à l’extérieur, pour marquer notre volonté de mettre fin à toutes les pratiques abusives contre les citoyens n’épousant pas la même vision politique que les tenants du pouvoir. De même, une réduction de peines va également être accordée à tous les condamnés. Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, est chargé de l’exécution de ces décisions, selon les dispositions des textes en vigueur.

Chers concitoyens,

Nous avons rendu possible ce que de nombreux ont pensé inaccessible ; nous avons eu une première victoire : cette victoire est la vôtre ! Nous, peuple malgache uni, déterminé pour le changement,

Oui, nous allons changer,

Oui, nous avons changé,

 Oui, nous allons changer !

Tourner la page pour une nouvelle histoire de notre pays. Nous avons besoin des uns et des autres, le concours de tout un chacun, hommes et femmes, et surtout les jeunes, est indispensable. Ensemble nous allons reconstruire, bâtir et nous unir. Nous allons trouver une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuel.

Vive Madagascar !

Je vous remercie ».

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